1 mois avec le Sigma DP2 Merrill

1 mois avec le Sigma DP2 Merrill

Test matériel photo sur le terrain

Suite à mon article sur mon retour concernant le très bon 35mm f/1.4 , Sigma France m’a proposé de tester un boîtier de la gamme DP Merrill de 3ème génération (les DP Quattro ont été annoncé il y a quelques jours). J’ai bien sûr accepté tout de suite la proposition de tester un DP3 Merrill vu que Sigma me laisse le choix du modèle. Quelques semaines plus tard ce boîtier étant indisponible, je décide de me rabattre sur le DP2 Merrill sachant que je vais l’utiliser pour remplacer mon 50mm f/1.4 sur plusieurs reportages en complément de mon 5D MkII…

sigma dp2 merrill

Je ne reviendrais pas sur sa fiche technique sachant que ce compact existe déjà depuis un certain temps, il s’agit plutôt d’un test sur le terrain permettant de vous faire partager mon ressenti. En plus de ça, il faut savoir que la gamme DP vient tout juste d’être renouvelée par les modèles DP Quattro entièrement revus et dessinés. Je ne vous cache pas avoir toujours été intrigué et attiré par cette gamme depuis qu’elle existe. Le DP2 Merrill est équipé d’un objectif 30mm f/2.8 équivalent à un 45mm qui permet de pouvoir à peu près tout faire (portraits, paysage, etc…). Il est d’ailleurs intéressant pour ceux qui désirent un boîtier sobre et discret surtout que son tarif risque de baisser à nouveau suite à la sortie de la gamme Quattro et qu’il deviendrait un bon boîtier bloc-note.

le dp2 est sobre

  • La prise en main :

Prévu pour début février, je demande à le recevoir plus tôt suite à ma collaboration avec le groupe les Ouf du Dyjau qui me propose de les accompagner fêter la Saint-Vincent avec la confrérie des Fripe-Douzils. Je me dis que ça permettrait de commencer ce test en grand.

Je reçois l’appareil, j’ouvre le colis et je le sors du carton. Ce qui est sûr et je ne fais que confirmer ce qui a déjà été dit, c’est un appareil sobre et sans fioritures. Un boîtier d’aspect très discret avec son noir mat, il parait solide même si je le trouve relativement léger. J’aime bien, reste à voir ce qu’il a dans le ventre maintenant mais avant tout, un petit tour du boîtier s’impose. Au niveau des boutons, il y a le strict nécessaire et ce n’est pas pour me déplaire. Sur le dessus de l’appareil on retrouve le bouton power, celui des modes, le déclencheur et la molette.

le dos et les boutons du dp2

Au dos nous retrouvons la touche AEL / corbeille, la touche QS très pratique pour changer rapidement de sensibilité, de mesure, le mode flash quand vous installez un flash externe sachant que le DP2 Merrill en est dépourvu et le mode rafale, retardateur / intervallomètre, sans être obligé de passer par le menu principal. Le Pad lui permet de sélectionner le mode focus qui permet une mise au point manuel et la sélection des collimateurs puis les touches play et display. Bref les réglages sont simples, les commandes bien positionnées, pour l’instant la notice reste fermée.
Sur le côté droit se trouve la prise micro USB pour le brancher et en dessous la batterie et le slot pour la carte SD.

la connexion sub

la trappe pour la batterie (trop faible) et la carte sd

  • La mise en route :

Il est temps d’allumer le DP2 Merrill et de faire plus ample connaissance et de réaliser quelques photos pour une première impression… Je glisse une carte SD dans l’appareil, je fais la mise au point et là, premier point noir et pas des moindres, la mise au point est assez bruyante et pas franchement discrète. Même en passant en mise au point manuelle, ce bruit de déplacement du groupe optique ne me plaît absolument pas. Il va falloir revoir sa copie chez Sigma lors des futurs DPx.. D’ailleurs j’en profite pour dire que la prise en main est bonne mais ça manque de grip, les petits ergots ne suffisent pas pour se sentir en sécurité mais la main gauche vient naturellement tenir l’objectif comme sur un reflex. Un peu plus de grip aurait tout de même été le bienvenu, ce n’est pas grand chose mais ça a tout de même son importance.

la mise en route
Je décide de faire ce premier test en Raw. j’ai hâte de voir le rendu en grand et là, les fichiers .X3F Sigma ne sont pas reconnus par Aperture (ni les autres d’ailleurs). C’est dommage d’être obligé de passer par le logiciel maison mais après installation de ce dernier, je le trouve finalement pas si mal tout en cassant les habitudes. Pour le restant du test, je décide finalement de rester en jpeg.
Alors que dire des fichiers, ils sont vraiment détaillés. Je suis impressionné, ce DP2 Merrill n’est peut-être pas des plus rapides mais alors quelle qualité d’image !!

en interieur 100 iso f/3.5 1/6s

informations sur écran

écran qs1

ecran qs2

  • En reportage :

Me voilà donc sur mon reportage et je décide de sortir le Sigma en me disant ok, je suis en intérieur mais il y a tout de même de la lumière. Manque de chance, il est dans les choux en basse lumière et dépassé les 400 iso, le rendu est trop bruité. Tant pis, je le réserverai pour le lendemain en extérieur et je continue avec le 5D MkII…

en basse lumiere le bruit monte trop vite... 400 iso f/2.8 1/20
Le jour se lève, on se prépare à rejoindre la confrérie. Le temps n’est pas extra mais ça devrait bien se passer surtout qu’il y a de la marche jusqu’au Mont Sigou. Cette fois, je sors le DP2 Merrill pour quelques portraits à la volée et certaines directement réalisées en mode N&B. Ça passe même si il vaut mieux anticiper. Il faut juste se faire la main et ensuite plus de soucis. Une chose me déplaît, c’est la colorimétrie de l’écran qui tire vraiment sur le vert. Je ne m’y fais pas du tout et j’ai l’impression d’avoir une balance de blanc faussée. Il faudra revoir ça lors des futurs modèles.

portrait en mode noir et blanc
Je continue mes photos sur des scènes plus ou moins figées et tant que ça ne bouge pas trop, tout se passe bien. Ce boîtier n’est pas fait pour moi qui aime photographier des scènes spontanément. Mais je ne compte pas me laisser abattre pour autant !!
Je décide donc d’anticiper sur le côté mollasson de l’AF et de shooter le retour tout en marchant. Et bien ça fonctionne une fois que l’on a compris comment il réagit !! Ce DP2 est un appareil qu’il faut dompter et il s’en sort plutôt bien.

aniticipation obligatoire pour les prises de vues en mouvement
Après avoir bidouillé un peu puis avoir fait quelques photos, la batterie chargée la veille au soir est déjà vide ! Ah ouais quand même, il faut impérativement deux batteries (ce que j’avais) pour tenir le temps d’un petit reportage sur une journée. Là aussi, Sigma va avoir du boulot. J’ai l’impression que l’écran pompe beaucoup d’énergie et il serait idéal d’utiliser le viseur externe VF-1 pour tenir une journée. D’ailleurs à quand un DP avec un viseur intégré ?

  • Nature morte et paysage :

Je fais une sortie à Boutdeville histoire de prendre en photo les grèves et les vieux trains puis une autre du côté du Cap Fréhel. Le ciel est magique et menaçant avec quelques éclaircies. Je me fais plaisir, ça rend vraiment bien et j’aime le résultat et je décide de vous les présenter sans traitements. Je me réconcilie avec ce DP2 Merrill au point d’avoir le sourire. Une heure de photo au froid boîtier allumé et bim, batterie off !

paysage sans correction

les couleurs eclatent au soleil

400 iso, le bruit monte dans les nuages gris

locomotive 200 iso f/4 1/1250

locomotive_crop

ambiance ferroviaire a f/2.8

C’est vraiment un immense problème cette autonomie, je peste car forcément sur la première sortie je n’ai pas emporté la seconde batterie. Ça m’apprendra même si Sigma, et je me répète à nouveau, à de très gros efforts à faire pour tenir une journée sans être obligé de se balader un sac plein de batteries ! Je rentre, j’ouvre les fichiers (jpeg pour le coup) et j’apprécie. Sur celle de Fréhel, pareil, beau temps mais 6° avec un bon vent. Je me demande combien de temps va tenir la batterie même si j’ai bien pensé à emporter la seconde. Au bout de 1 heure 30 de balade boîtier en veille, la première batterie me lâche déjà. Il faut impérativement éteindre l’appareil pour préserver l’autonomie et investir dans ce fameux viseur VF-1. Comme sur la sortie de Boutdeville, je vous présente les fichiers tels que, sans traitement.

aidez la sncm

phare de frehel

ambiance marine

ambiance marine en contre jour

Il s’en sort très bien pour du paysage même si le DP1 Merrill sera bien plus adapté avec son 28mm.

  • Portraits :

Je me décide à faire des essais sur du portrait pour me faire une autre opinion et voir ce qu’il vaut dans ce domaine plus posé. Premier essai en intérieur, je décide de rester à 200 ISO. Je surexpose un poil et c’est parti pour quelques portraits proche de la porte-fenêtre et du velux. Ce que je trouve le plus amusant avec ce DP2 Merrill, c’est que j’ai l’impression d’être revenu à la bonne époque de l’argentique.

portrait en lumière douce

crop sur le portrait

ambiance en lumière naturelle et directe

Il se débrouille très bien dans les hautes lumières alors je tente le contre-jour pour voir si je peux le piéger. Je déclenche et finalement le résultat est là, il s’en sort plutôt bien et je pense que ce boîtier est fait pour être utilisé dans des conditions de lumière assez forte.

contre jour en lumière directe

Il faut s’appliquer et prendre son temps avec cet appareil mais le résultat parle de lui-même, les portraits sont vraiment détaillés. Décidément ce duo capteur / groupe optique fait des merveilles. Je devais avoir une séance avec deux autres modèles mais celle-ci a été reporté et je n’aurai plus le boitier avec moi d’ici-là parce qu’il faut bien le rendre un jour.

  • Verdict :

A vrai dire, je reste sur ma faim. Le DP2 Merrill reste à part, il n’est pas prévu pour le reportage vu son autonomie vraiment faiblarde et son AF beaucoup trop lent. Ses fichiers sont par contre vraiment détaillés, on sent que le capteur Foveon x3 fait bien son boulot mais il est dommage que le reste ne suive pas surtout par rapport à la concurrence ! Autant je déteste ce DP2 Merrill pour certaines choses, autant je l’adore dès qu’il est dans son élément avec une belle lumière. Ce Sigma satisfera tous les adeptes de la photo posée, qui aiment prendre le temps et qui souhaitent de superbes photos détaillées.
M. Sigma, votre capteur est génial par contre j’espérais voir sortir un DP avec un viseur intégré mais vous avez préféré sortir le DP Quattro avec sa forme assez futuriste. Il aura sûrement un écran calibré et une batterie digne de ce nom en plus d’être plus réactif. Je suis déjà prêt pour le tester !

orchidees 200 iso f/2.8 1/400

 Pour :

  • Le capteur Foveon x3
  • La touche QS
  • La qualité des fichiers
  • L’objectif
  • La fabrication

Contre :

  • L’AF trop lent
  • Le bruit désagréable du déplacement du groupe optique
  • La colorimétrie de l’écran
  • L’autonomie trop courte des batteries

 

4 notes + Add comment
  • m4rcrp

    on 21 février 2014  17 05 40 02402

    Y a vraiment un truc à faire avec ces capteurs ! Le rendu est vraiment sympa. Dommage de négliger l'autonomie à ce point... et l'AF, vaudrait presque mieux du MF ^^

    • cgphoto

      on 21 février 2014  18 06 25 02252

      Je suis d'accord avec toi, le capteur Foveon est vraiment excellent. J'espère que l'AF et l'autonomie seront optimisés sur les derniers DP Quattro.

  • Jimmy

    on 24 février 2014  10 10 58 02582

    Terrible cet appareil. Si tu veux tester ton Sigma sous mon cerf-volant quand on se voit.... je suis partant ;)

    • cgphoto

      on 24 février 2014  12 12 06 02062

      Oui il est vraiment bien ce petit DP2 Merrill. Hélas je ne pourrai pas l'installer sous ton cerf-volant car il repart chez Sigma aujourd'hui-même. On installera un autre appareil ;)

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