Pourquoi j’aime tant Fuji

Pourquoi j’aime tant Fuji

Les raisons qui réconfortent mon choix

J’ai commencé mon métier de photographe avec un Canon Eos 5 puis pendant des années, je suis resté fidèle à la marque jusqu’à il y a deux ans où j’ai décidé de tout revendre suite à un problème de main et l’envie de passer à autre chose. L’orientation de Canon ne me convenait plus du tout, j’avais besoin de renouveau et Fujifilm a été le seul à répondre à ma demande. Pour faire taire les détracteurs, ceci n’est pas un article sponsorisé et je ne suis absolument pas ambassadeur de la marque. Je me sens pourtant en totale osmose malgré les quelques points négatifs tels l’autonomie des boitiers, la sensibilité native de 200 ISO, la synchro flash un peu faiblarde, le manque d’accessoires et une qualité vidéo en dessous de ce que réalisent les autres fabricants car Fujifilm n’est pas exempt de petits défauts. Depuis, j’ai eu le temps de me familiariser avec la marque et je voulais vous livrer les différentes raisons qui font que je me sens plus que serein avec mon matériel.

Les appareils

Le poids étant devenu mon ennemi juré, il me fallait des boitiers légers mais robustes. En plus de la construction soignée, Fujifilm allie la discrétion, la légèreté, un style oldschool (gamme X-Pro et X-E) ou typé reflex (gamme X-T) qui font que je ne pourrais plus travailler avec un gros reflex. Le poids de mon matériel a fondu comme neige au soleil et mon dos me remercie. Les barillets à l’ancienne offrent tous les réglages nécessaires depuis le dessus du boitier. C’est simple, précis et on va à l’essentiel. Le Nikon Dƒ qui propose le même principe (sans oublier Olympus et Sony), a été à un moment donné l’autre appareil à me faire de l’œil mais son tarif et le rachat du parc optique m’a freiné.

La simplicité du matériel me procure énormément de plaisir et surprend régulièrement mes clients qui s’attendent à me voir sortir un gros boitier. C’est peut-être idiot mais il y a moins de barrière grâce au fait que les boitiers plus petit agressent moins les gens photographiés et ce n’est pas moi qui le dit mais mes clients. Certains de mes collègues ne se verraient pas travailler avec un aussi petit boitier comme le X-T1 préférant conserver du gros matos qui en impose mais il s’agit plus d’une vision des choses et un choix purement personnel que je respecte.

Le capteur X-Trans de 16Mp est terriblement efficace. Je suis revenu à l’APS-C après 3 ans de Full Frame à 21 Mp sans aucun regret. La qualité est là je m’y retrouve dans mon travail et c’est bien le principal. Je ne dis pas qu’il conviendra à tous (quoique) mais le plus simple est de se faire sa propre opinion sur la question en testant un boitier de la marque en parallèle de son reflex. Par ailleurs, le nouveau capteur X-Trans Pro de 24Mp du X-Pro2 améliore encore la qualité d’image. Fuji maitrise son sujet tout comme Sigma et son étonnant capteur Foveon.

L’écran tiltable que je pensais peu utile au départ est devenu un allié dans un nombre incalculable de photos. Il m’arrive de vouloir orienter l’écran de mon X-E2 qui lui est bel et bien fixe. J’adore l’Electronic Shutter que j’utilise très régulièrement pour son silence de fonctionnement très appréciable lors de certains reportages, personne n’entend mes déclenchements furtifs et du pur bonheur en église ! Il me permet également de travailler sans filtre ND à pleine ouverture en plein soleil. Je trouve cette fonctionnalité géniale au point que je ne peux plus m’en passer. Je ne recherche pas forcément à monter au 1/32000s et un vrai filtre ND restera toujours utile dans certains cas mais le résultat est bluffant. Bien sûr, il peut y avoir de mauvaise surprise selon les sources d’éclairages avec un balayage visibles sur les photos ou avec un sujet en mouvement qui finira déformé mais ça reste très rare.

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L’EVF est très bon, il me permet de voir en direct le résultat de ma photo. Bien entendu ça consomme de l’énergie mais je ne m’en passerais plus. J’ai remis l’œil dans le viseur d’un réflex et je ne regrette pas le fait de passer par un écran intégré. En plus Fuji a nettement amélioré l’EVF depuis la sortie du X-Pro2, il n’y a plus de latence. Nombreux photographes n’aiment pas l’EVF mais je pense qu’il faudrait avant tout le tester sur le terrain et pas lors d’un salon. D’ailleurs celui que propose Leica sur son modèle Q est également excellent. Je trouve très plaisant de pouvoir sélectionner le type d’affichage et le fait qu’il y ait le niveau numérique permettant de conserver l’horizon bien droit (d’autres marques le proposent également). J’apprécie beaucoup le mode wifi totalement fonctionnel sans avoir besoin de carte spécifique ou d’accessoires complémentaires. C’est très agréable de pouvoir exporter une photo en 10s sur sur smartphone ou tablette. Cette fonction est très pratique pour l’impression depuis une Instax Share SP-1 (lire test) ou pour appliquer un traitement via une application de type Snapseed, photoshop ou autre.

L’Autofocus s’améliore au fur et à mesure des mise à jour du Firmware. Il n’est pas encore celui d’un reflex mais les progrès vont dans le bon sens et s’en approche gentiment. Je n’ai jamais vraiment rencontré de souci avec mais il faut s’habituer et anticiper. Le focus peaking est bien pratique ainsi que le double écran dans l’EVF lorsque je travaille avec un objectif ancien monté sur l’appareil, ça offre une aisance de mise au point manuel très agréable. Ce n’est pas exclusif mais je me régale avec mon vieux Canon FL 19mm ƒ/3.5 R monté sur le X-T1.

Les simulations de film font que je travaille de plus en plus directement en jpeg (en Raw+jpeg pour être précis) car les rendus sont vraiment très propres. J’adore le Classic Chrome et la Velvia, j’ai pu voir le résultat de la simulation film noir et blanc Acros sur le X-Pro2 qui est sublime. Il faut savoir que je ne fais que du traitement d’image subtile et non de la grosse retouche donc ces simulations me font gagner de temps lors de mes post-traitements.

La gamme X100 est vraiment excellente et elle aura surpris plus d’un photographe. Ce compact expert à tout pour plaire avec sa petite taille. Je n’ai pas de X100 mais pour l’avoir eu en prêt, j’ai toujours été attiré et convaincu par ce modèle. Un futur X200 tout temps avec le nouveau capteur X-Trans Pro ou similaire me ferait sûrement craquer pour ce boitier à conserver en poche capable d’assurer partout. Reste à savoir si l’objectif restera un 23mm à moins que Fuji se décide de le remplacer par un 35mm. Enfin l’avenir nous le dira et je doute qu’on attende longtemps pour voir arriver un nouveau modèle.

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Les optiques

Je n’ai pas grand chose à dire concernant les optiques car elles sont tout simplement fabuleuses, Fujifilm a une très grande expérience à ce niveau-là et je ne regrette absolument pas ce choix. Leur taille me permet de gagner en place au point que je suis passé d’un sac à dos à une petite besace pouvant contenir tout mon matériel. En plus ces optiques coûtent moins cher que chez les grands tout en offrant un excellent piqué. La gamme s’étoffe au fur et à mesure des mois qui passent. Plus ça va, plus il y a le choix dans la gamme XF et de plus en plus d’optiques sortent en étant WR (Weather Resistant). Il serait bon de voir arriver sur le marché un 23mm ƒ/1.4 WR et un 56mm ƒ1.2 WR dans les futures années. Sans oublier une stabilisation très efficace et approuver lors de ma prise en main récente du 100-400mm. Bref Fujifilm ne s’endort pas sur ses lauriers et surprend régulièrement ses utilisateurs. Nous sommes loin des gammes de Canon ou Nikon mais n’oublions pas que Fuji part de zéro ou presque et que la marque se concentre sur une gamme homogène et de grande qualité. Du 10mm au 400mm (15mm à 600mm eq. 35mm) ça laisse de quoi travailler dans tous les domaines possibles.

La marque Fujifilm

Fujifilm est vraiment à l’écoute de ses utilisateurs et prend en compte ses petits défauts pas forcément résolu en un jour mais qui fait l’effort de les corriger au plus vite. C’est bien simple, je ne me souviens pas d’avoir connu ça chez les autres fabricants de matériel. En plus de ça le staff de Fujifilm France est des plus dynamique, leur disponibilité fait toujours plaisir et ils y sont pour beaucoup sur le ressenti que j’apporte à la marque. Les mises à jour proposées permettent d’obtenir un nouveau boitier à chaque fois sans être obligé d’acheter le dernier modèle. Franchement c’est à se demander ce que font les autres marques ! Il s’agit peut-être d’une politique mais il faut bien avouer que Fujifilm surpasse tout le monde à ce niveau-là. Alors est-ce que Fuji continuera sa philosophie du Kaizen à l’avenir ? Je le souhaite grandement.

L’évolution du matériel va dans le bon sens, la finition est toujours agréable, les améliorations sont appréciables. Alors étonnamment, je ne comprends pas la sortie du X-E2s vu le peu de différence (esthétique) que ce boitier apporte par rapport au X-E2. Fuji a voulu sortir un second boitier en même temps que le X-Pro2, c’est bien vu mais j’aurai préféré dans ce cas un X-E2s avec un écran tiltable, tout temps et accompagné d’une touche attitrée pour la gestion du viewmode plutôt que de le paramétrer sur un des boutons Fn si précieux. Ça sera peut-être pour le futur modèle de la gamme  X-Exx.

Les tarifs sont nettement moins élevés que chez Canikon. Je ne dis pas que c’est donné mais avouez que 80% du parc optique de la marque est sous la barre des 1000€. Même le tout récent X-Pro2, modèle haut de gamme, est sous la barre des 2000€ ! Je ne vous cache pas que c’est bien agréable même pour un professionnel de pouvoir payer son matériel moins cher tout en produisant le même résultat.

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Conclusion

C’est peut-être bête mais j’ai retrouvé le goût de la photo simple et sans prise de tête. C’est une autre philosophie que je n’explique pas plus que ça, juste que ce changement m’a été bénéfique. Je ne m’y retrouvais plus en reflex toujours plus gros, plus cher avec plus de fonctions et une liste de menu interminable digne d’une usine à gaz. Je crois que d’être plus restreint m’a fait un bien fou, le fait d’aller à l’essentiel me procure plus de plaisir. Je me rappelle d’avoir eu une discussion à ce sujet avec mon collègue et ami Gérald Geronimi qui n’en pensait pas moins lors de son passage chez Fuji et avant qu’il devienne ambassadeur de la marque. Bref mon histoire avec Fujifilm ne fait que commencer…